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VOL. 66, (2) 2000 LES PHARMACIENS SUISSES COMME SCIENTIFIQUES
pharmaciens du XIXe siècle où l’on retrouve le sens de la collection : il se
spécialisa dans l’étude des diatomées fossiles et vivantes et constitua une
collection comptant plusieurs milliers d’espèces. Pour assouvir cette
passion, il fit de nombreux voyages. Le voyage scientifique, complément
du sens de la collection, voici une autre constante de l’histoire des
sciences aux XVIIIe et XIXe siècles.
Mais la fin du XIXe siècle voit apparaître ensuite des instituts de
pharmacie autonomes attachés à Lausanne et à Bâle aux Facultés des
Sciences, à Zurich à l’École Polytechnique Fédérale, et à Berne à la
Faculté de Médecinexxi. Ces créations d’Écoles de Pharmacie
accompagnent la reconnaissance officielle de la pharmacie comme
discipline universitaire par une loi fédérale, donc valable pour toute la
Suisse, de 1877. Ce mouvement accompagne l’arrivée de véritables
enseignants pour les futurs pharmaciens, professeurs, et souvent
directeurs de ces nouveaux instituts.
L’un des premiers, et des plus connus dans le monde scientifique
et pharmaceutique, est le pharmacien bernois Friedrich August Flückiger.
Après une formation de pharmacien et des études en Allemagne et à Paris,
Flückiger exerce comme pharmacien d’officine puis comme chef de la
Pharmacie d’État du canton de Berne. C’est dans cette fonction qu’il
commence à donner des cours destinés aux pharmaciens de l’Université
de Berne et il sera nommé en 1867 professeur de pharmacie, ce qui
institutionnalisera réellement l’enseignement de la pharmacie à Berne.
C’est aussi Flückiger qui a véritablement porté la pharmacognosie, donc
l’étude de la matière médicale, au rang de discipline scientifique ; il est
l’auteur d’ouvrages fondamentaux dans ce domaine.
En 1873, il quitte Berne, où ses ambitions académiques étaient
limitées par l’absence d’un Institut de Pharmacie, pour l’Université de
Strasbourg où il prend le poste de directeur de l’Institut pharmaceutique,
nouvellement repris par les Allemands après la défaite française et la
perte de l’Alsace-Lorraine.
Moins de vingt ans plus tard, un Institut de Pharmacie est créé au
sein de la Faculté de Médecine. Il sera dirigé pendant plus de quarante ans
par Alexander Tschirch, un pharmacien d’origine allemande. Tschirch est
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